13 juillet 2011
Stargate Fanart
Et oui, me revoilà avec un dessin, tiré de Stargate cette fois (oui, on est geek ou on l'est pas!^^). Un dessin de Samantha Carter donc, tiré de la saison 4 de SGA. ET comme je suis gentil, je vous mets en vis-à-vis l'image original avec le gribouillage que j'en ai tiré.
Idée à la con, car maintenant c'est encore plus flagrant tout ce qui ne va pas avec ce dessin, en proportions notamment!
Sinon, l'anecdote qui sert à rien: il faut savoir que le scanner fait un peu ce qu'il veut des fois, donc au moment du scan il a rendu une image en en modifiant totalement l'orientation (qui était décalée de 20° vers la droite)!! Me demandez pas pourquoi ça lui a pris, j'en sais rien! Mais du coup, j'ai dû, merci photofiltre, modifier l'image à l'ordi... Quand je vous dit que les scans ça ne rend pas forcément justice au dessin!^^
12 mai 2011
HC: Rencontre 6/6 - remarques
Et ça y est, j'ai enfin rempli mon contrat! Les six textes du thème de rencontre sont tous écrits et postés plus de 2 ans et demi après le premier texte!
Je n'aurais qu'une chose à dire, c'est fou ce que le temps passe vite! rires
Un mot sur ce texte: J'avais toujours prévu de conclure ce thème par une séparation, depuis le début. Après tout, pour finir cette série de rencontres, quoi de mieux qu'un au revoir?
La difficulté ici, c'est que quelque soit la scène que l'on décrit, on a toujours l'impression de la voir être échappée d'un (mauvais) film. J'avais même pensé pendant un temps à un au revoir sur un quai de gare ou à l'aéroport (plus cliché tu meurs!). Du coup, plutôt que de se retrouver "piégé" par une mise en scène de cinéma, autant l'utiliser.
De là m'est venu l'idée de réutiliser le souvenir (c'est d'ailleurs aussi un souvenir qui est raconté dans rencontre 1. Coincidence?), et surtout ses imprécisions. Avec nos souvenirs, on créé notre propre mise en scène, on donne aux événements un sens qui nous correspond... D'où ces remarques sur le temps qu'il fait, ou sur les tics que l'on a.
Une fois que ça c'était en place, il n'y avait plus qu'à suivre le fil. Si on parle de souvenirs, et de flou dans ces souvenirs, autant faire un texte assez court, décousu, qui joue autant sur un aspect pseudo-réel que fictif. Pas de description précise des événements, à part dans le détail, qui n'a du sens que pour celui qui se souvient. Les repères doivent donc être faussés: le bar qui est en même temps l'événement qui se déroule au début de l'histoire, et le souvenir que le personnage en garde. En fait, il n'y a aucun référent temporel viable là-dedans, vu que les événements sont racontés et réécrits avec le sens que leur donne des événement ultérieurs.
L'idée, c'est un peu de dire qu'il n'y a pas QU'UN au revoir, il y en a autant que l'etre humain le revisite dans son esprit, rajoutant du sens sur des événements qui sur le moment n'en avait pas forcément. A travers ses souvenirs, on - le personnage principal - revit cet au revoir encore une fois.
Dans un texte confusant comme ça, autant rajouter encore un degré d'incompréhension. C'est pas juste pour le "fun" que les deux personnages sont des hommes, mais bien pour qu'ils soient tous les deux associés au même pronom : il. On n'est donc jamais complétement sûr de savoir duquel on parle, de ce qu'il se passe. De même, l'ambiguité sur leur relation est laissée, volontairement. Amitié ou amour, au final ça n'a pas grande importance. Et c'est aussi un moyen de garder un caractère universel au texte. Le but c'est que ça vous parle aussi (et là, c'est à vous de me dire si ça marche ou pas).
Et dernière chose, l'emploi des deux "il", c'est aussi parce que ça m'amuse beaucoup de vous imaginer vous triturer le cerveau pour discerner la part du fictif du réel là-dedans. Rien que de penser que vous soupçonnez que je parle un peu de moi dedans ça me fait beaucoup rire! (oui, je suis un sadique!^^)
HC: Rencontre 6/6
Il pleuvait, il a plu toute la journée d’ailleurs. Bien sûr qu’il pleuvait, c’était leur dernier soir, la moindre des choses est qu’il pleuve. Tout n’aurait qu’été plus dur, s’ils devaient se quitter sous le soleil. Ils s’étaient réfugiés dans un des ces bars bondés de la capitale, l’ambiance surchauffée de l’happy hour ne pouvait pas être moins en adéquation avec leur humeur. Ils se faisaient servir. Il avait pris un café, tandis que lui avait commandé un porto. Ça le fit sourire, il prenait toujours un porto. Ils se regardèrent pendant quelques minutes, ne sachant pas trop quoi dire. Quand il était gêné, son sourire se crispait, alors il jouait avec sa bouche pour la détendre. Ça aussi ça le faisait rire. De son côté, il ne savait pas trop quoi faire de ses mains, prenait sa tasse de café, la soulevait, la reposait, la lâchait, la reprenait. Ses mains ne s’arrêtaient pas de bouger, alors son ami prit son poignet pour le faire arrêter. « Il est aussi terrifié que moi ». Il ne savait pas si c’était une bonne chose ou non. Sans doute que non. Ils se connaissaient trop bien pour que quelque chose pu changer maintenant. Il regarda encore une fois son sourire se crisper et se décrisper. Il se rappelait la première fois où il avait fait cette bouille-là.
Ça remontait à pas mal de temps maintenant. Il faisait beau ce jour là. Bien sûr qu’il faisait beau. En tout cas dans ses souvenirs. De toute façon, il ne pouvait que faire beau, ils étaient enfermés dans un amphi pour le premier cours de l’année. Il ne pleut jamais dans ces moments-là. Le cours il s’en souvenait mal, faut dire qu’il ne l’intéressait pas. Il s’amusait plus des mimiques du prof, coincé au possible et qui avait constamment l’air de vouloir faire un arrêt cardiaque. La journée était morne, le moral au plus bas, il se demandait s’il avait eu raison de s’inscrire ici. Il ne connaissait pas grand monde. Mais bon, ça devait être le cas de presque tout le monde dans la salle. Il regarda les gens autour de lui : certains avaient l’air concentré, d’autres complètement ailleurs. Un groupe discutait assez fort, trois rangs vers sa droite. Le mec derrière lui s’agitait sur sa chaise, cherchant manifestement à voir quelque chose. Le manège dura quelque minutes, avant qu’il n’ose lui demander, gêné : « excuse-moi, tu arrives à lire ce qui est écrit là ? » Tandis qu’il finissait sa phrase, sa bouche se tordit en un pli moqueur.
Bon, d’accord, ça n’a rien d’extraordinaire tout ça. Mais il faut bien commencer par quelque chose ! Tout commence. Et ce genre de souvenir reste, bêtement. Tandis que d’autres, plus cruciaux, s’évanouissent. Va savoir pourquoi. Le cerveau retient des choses curieuses. Mais des souvenirs ils en ont d’autres, oui, bien d’autres. Tout commence, et ça prend du temps. Les amitiés, les amours, ça se construit au quotidien. Ça se cimente à base d’éclats de rire, de conversations autour d’un repas, d’un DM à rendre, d’un nanar au ciné. De soirées en groupe, de soirées à deux. De textos et de coup de fils. De discussions sérieuses ou de blagues. D’erreur, de disputes et de coups de blues. D’aveux et de secrets. Connaitre et comprendre les gens, ça ne se fait pas en un jour. Mais les sentiments, eux, prennent vite. En tout cas pour lui ! Les souvenirs restent, les sentiments aussi au fond… Mais les gens non. Pas toujours.
Cette soirée au bar n’avait rien de différent des autres au fond. Pas vraiment. Une certaine gêne s’était installée par contre. Pas de celle que l’on voit aussitôt. Celle que l’on ne voit qu’après coup. Celle dont on comprend qu’elle était là et que c’est pour ça même si sur le moment on ne la voyait pas. Si ça se trouve, il ne pleuvait même pas en fait. Mais dans le souvenir qu’il s’en fera, il pleuvra surement. Il doit pleuvoir, c’est la dernière fois qu’ils se verront. Même s’ils ne le savent pas encore. Tout commence. Et tout s’achève.
24 avril 2011
Resident Evil Fanarts 2
Et hop, vu que j'ai enfin accès à un scanner, j'en profite pour y rajouter ma deuxième série de gribouillages, toujours tirés de Resident Evil. Cette fois ce sont les filles qui sont à l'honneur, puisqu'il s'agit de Claire Redfield et Jill Valentine (RE2 et 1+3 respectivement).
C'est toujours pas des chefs d'oeuvre, et le scanner a mangé un bout de la tête de Jill^^, mais bon voilà quand même (et puis ça fait un post facilement lol)
13 février 2011
N: Souvenirs d'un étranger -3 remarques
Et hop, la suite arrive.
L'histoire prend un tournant inattendu (enfin, j'espère! ^^), pas mal de choses devraient changer à partir de maintenant (mais quoi? ;-) ).
La suite (et fin de cette "partie") ne devrait (pas trop) tarder (je sais, je dis ça à chaque fois!)
N: Souvenirs d'un étranger -3
Le doigt sur la sonnette, Nicolas s’affola. Qu’allait-il bien pouvoir dire à ces gens, de parfaits inconnus « Bonjour, je voudrais savoir si vous me connaissez ? ». Personne ne lui répondrait sérieusement s’il demandait ça. Alors quoi, mentir ? Se prétendre agent d’EDF pour forcer la personne à ouvrir ? Nicolas douta fortement de pouvoir maintenir son mensonge suffisamment longtemps, et puis à quoi bon ? Son cerveau bouillonnait, profitant des quelques secondes qu’il avait avant que quelqu’un ne réponde à l’interphone. Qui sait s’il était seulement en bons termes avec les Grinche ? Que faire ?
« Oui ? » La voix douce coupa court à ses réflexions. Nicolas mit quelques temps à répondre, alors la voix reprit : « c’est pour quoi ? ». Là, Nicolas répondit sans même se rendre compte des mots qui sortaient de sa bouche : « Véronique, c’est moi, Nicolas… »
La porte de l’appartement s’ouvrit à demi. Comme avant, Véronique le regardait de son petit regard triste, ces yeux gris étaient moins vifs que par le passé. Nicolas la regarda, un sourire léger aux lèvres. Il sentait le flot des souvenirs revenir en lui, grâce à ce regard, cette personne qu’il savait sensible et généreuse. Nicolas se perdait tellement dans ses réminiscences, qu’il ne voyait pas l’air apeuré qu’avait pris Véronique en ouvrant la porte. Elle l’invita à rentrer, et lui accepta. Il prit à droite dans le couloir de l’entrée, et entra d’un pas assuré vers le salon. Rien n’avait changé dans la pièce. C’était toujours les mêmes canapés qu’il y a dix ans, avec les mêmes tableaux aux murs, la même table, la même console de salon, même la télévision était identique. Seul témoin de changement, le voyant d’un lecteur DVD. C’est vrai que les Grinche ne roulaient pas sur l’or à l’époque, et ça devait rester vrai aujourd’hui.
Véronique se tenait dans l’encadrement de la porte de la pièce, toujours silencieuse. Lui prit ses aises, et s’installa sur le canapé. Au bout de quelques minutes de silence, où Nicolas retrouvait peu à peu des bribes de mémoire, il dit, un peu amusé : « J’imagine que ça doit faire un choc de me voir, après toutes ses années. » Il s’arrêta vivement, surpris par son propre ton. Depuis quand parlait-il avec une telle assurance dans la voix ? Plus que ses souvenirs, c’est comme si sa vraie personnalité émergeait au contact de cette femme.
« Je ne pensais plus te revoir, répondit-elle. Pas après ce qu’il s’est passé…
-Justement, qu’est-ce qu’il s’est passé il y a dix ans ?
-Tu ne le sais pas ? Véronique ne put réprimer une pointe d’espoir de percer dans le ton de sa voix.
-Non. Je ne me souviens de rien. Enfin, si, je… je commence à me souvenir… Je sais qui tu es, depuis combien de temps on se connait, je sais que je suis marié et que j’ai une fille… Mais je ne suis pas capable de me rappeler de leur visage… c’est flou. Mais ça revient. Ça revient… »
Véronique ne répondit rien. Elle n’avait pas bougé depuis tout à l’heure, toujours tendue. Après un temps de silence absolu, elle dit « Pierre ne va pas tarder à revenir ».
A ces mots, Nicolas eu un rictus. Véronique avait dit cette phrase tellement de fois dix ans plus tôt. Dès qu’ils se voyaient en cachette, pendant que Sophie et Pierre étaient au travail, Véronique ouvrait sa porte, et c’était à chaque fois les premiers mots qu’elle avait à la bouche. C’était le « signal », l’expression rituelle qui signalait qu’elle l’attendait. Et comme il y a dix ans, il répondit de la même manière : « J’espère qu’il ne rentre pas trop vite… », un sourire carnassier aux lèvres.
06 février 2011
HC: Un dromadaire à Dunkerque
Madame, Monsieur, bonsoir. Pour commencer cette édition du lundi 17 mars, une surprise attendait les Dunkerquois aujourd’hui. En effet, un dromadaire a élu domicile devant l’église St Eloi, gênant la circulation et provoquant les regards curieux des habitants. La police, dépêchée sur place dans la journée, n’a pour le moment aucune piste quant à la provenance de cet animal. Apparemment, aucun cirque n’a signalé la disparition d’une bête, et le conseil de ville n’a pris aucune décision quant au devenir de l’animal.
En Irak, un nouvel attentat a fait deux morts et une dizaine de blessés…
Zap
… la politique intérieure du président est de plus en plus contestée, et les appels à la grève se multiplient de la part des syndicats pour la journée de demain, mercredi 19 mars.
Mais revenons un instant sur cet étrange événement qui secoue la ville de Dunkerque. Depuis hier, les Dunkerquois comptent un voisin des plus improbables, un dromadaire. Personne ne sait comment cet animal a pu se retrouver dans le centre-ville, mais il semble qu’il se soit pris d’affection pour le prêtre de l’église St Eloi, et les habitants pour lui. On a pu voir aujourd’hui des gens déposer de la paille et de la nourriture pour lui aux portes du lieu saint. Celui qu’on surnomme déjà Dunky semble être en passe d’être totalement adopté par la population, et refuse de quitter le porche de l’église. Une situation qui amuse les citadins, mais qui commence à agacer le maire de la ville, qui a demandé l’évacuation de l’animal. Néanmoins, les autorités sont dans l’incapacité de trouver une structure spécialisée, et Dunky est parti pour passer sa troisième nuit à la belle étoile…
Zap
… Une incroyable vague de froid s’est abattu sur la France cette nuit, les températures avoisinant les -5°C dans le nord du pays. Les refuges pour sans abris se sont rouverts dans l’urgence hier soir et cette nuit, et on décompte déjà sept personnes qui auraient succombé au froid.
Mais les hommes ne sont pas les seuls à souffrir de ces températures extrêmes. A Dunkerque, il y a aussi un dromadaire, affectueusement nommé Dunky par ses habitants, qui a passé une des nuits les plus froides qu’il ait jamais connu. Un formidable élan de solidarité s’est levé dans la ville, et nombreux sont ceux qui se sont pressés aux portes de l’église St Eloi pour tenter de réchauffer la nouvelle mascotte de la ville. Le dromadaire a été installé au sein même de l’église, le prêtre invoquant le droit d’asile pour installer cette drôle de brebis égarée entre les bancs des fidèles. Dans la journée, la ville a été la proie de chutes records de neige pour cette période de l’année, et d’aucun se félicite que la bête se soit trouvée bien au chaud dans le lieu saint dont le chauffage a été poussé à fond…
Zap
… Le froid continue de frapper la France en ce jeudi 20 mars et il faut avouer que si quelqu’un en souffre, c’est bien Dunky. Cela fait maintenant quatre jours que ce dromadaire, curieusement apparu au cœur de Dunkerque, a trouvé refuge près de l’église St Eloi, sous le regard bienveillant des paroissiens. Si du côté des autorités, aucune solution ne semble avoir été prise quant au futur de l’animal, les habitants ont pris les choses en mains et transformé l’église en véritable nid douillet pour Dunky. Et afin de prévenir tout souci de santé concernant l’animal, un vétérinaire a été dépêché sur place afin de l’examiner. Retrouvez les détails de notre correspondant sur place…
Zap
…c’est la troisième hausse consécutive du chômage, qui atteint un nouveau seuil record.
Et pour terminer cette édition du vendredi 21 mars, rappelons le principal titre. Dunkerque est aujourd’hui endeuillée par la mort de son plus célèbre habitant. Le dromadaire Dunky s’est éteint aujourd’hui suite à une pneumonie foudroyante. La ville est en émoi.
…
Cette semaine, un attentat a coûté la vie à cinq personnes, des grèves ont secoué le pays, plusieurs sans-abris sont morts dans l’indifférence générale, le chômage explose… et vous, qu’avez-vous retenu ?
Zap
N: Souvenirs d'un étranger -2 remarques
Une remarque vite fait.
Alors oui je sais, cette histoire commence à trainer, et ma mise à jour est vraiment pas très longue!^^
Disons que c'est plus un moyen de dire: non, non, je n'ai pas abandonné cette histoire! C'est vrai qu'à ce niveau là, j'hésite sur la direction à prendre avec ce sujet. Du coup, je tergiverse et ça n'avance pas...
Mais, je m'y remets! ;-)
N: Souvenirs d'un étranger -2
Arrivé à Plaisir, Nicolas se demanda pourquoi ils avaient décidé de vivre ici. Jamais une ville ne lui a paru si mal porter son nom. Plaisir-Grignon était une gare morbide, même en journée, et rien dans la ville ne semblait accueillant. La ville lui fit une si mauvaise impression, c’était viscéral. Il n’avait qu’une envie, partir au plus vite de cet endroit. Pourtant, ni la gare, ni les immeubles, ni les rues ne lui étaient familier.
Mais plus il se rapprochait de « son » ancien logement, plus la sensation se faisait pressante, voire oppressante. Face à l’immeuble qui avait hébergé sa famille, il ne put retenir un haut le cœur, et resta là, accoudé à un immeuble, à reprendre son souffle. Il ressentait plus qu’un malaise, c’était une impression de terreur. Mais il ne savait pas pourquoi. C’était étrange comme sensation, comme s’il savait avec certitude que cette ville, cette rue, cet appartement était associée au malheur, sans avoir aucune raison de ressentir ça. Mais il savait que si les Verrier avaient disparu, c’était lié à cette maison. Une fois encore, il chercha en lui un souvenir, un écho, une impression de familiarité avec ce lieu. Et encore une fois, rien ne venait. Même son malaise était factice. Cette peur n’était pas personnelle, c’est plutôt comme s’il sentait l’endroit maudit. Oui, comme s’il était dans une maison hantée. Il ressentait bien des souvenirs terribles, mais c’était comme s’il ne s’agissait pas des siens. Comme si tout ça était arrivé à un autre.
Une fois son affolement calmé, il s’approcha doucement de la porte.
Son ancien appartement était au troisième étage de cet immeuble typé année 60. Nicolas regarda d’abord la boîte aux lettres la liste des noms des habitants « Bourgey, Favre, Hann, Grinche… » Ce dernier nom le fit réagir « voilà quelqu’un qui ne doit pas sourire souvent ». Ses pensées s’arrêtèrent net à cette idée. Il ne savait pas pourquoi il avait pensé ça, mais sans qu’il sache pourquoi, cette remarque anodine s’était imposée à lui. Il mit plusieurs secondes à réaliser que ces mots étaient si particuliers, car il les avait en fait entendus. Ces paroles avaient le goût amer du souvenir. Qui avait pu prononcer cette phrase anodine, un sourire aux lèvres ? Serait-ce Sophie ? Se pourrait-il que la famille Grinche habitait déjà ici dix ans auparavant ?
Pour la première fois depuis son réveil, Nicolas réagissait à un nom ; il n’y avait donc pas à hésiter, il sonna rapidement.
06 novembre 2010
HC: Veillée 3/6 - remarques
Et voilà la troisième histoire autour d'un feu de camp!
Celle-ci a pour thème la Bête du Gévaudan et m'a demandé pas mal de boulot de recherche (heureusement Wikipédia est mon ami!), comme au final je ne connaissais pas grand chose à l'histoire. Normalement, les lieux et les figures historiques sont vraies, après bien entendu le tout est romancé. Par exemple, si Jeanne Bastide est bien réelle, les conditions de sa mort, le contexte sont totalement inventés. Ce qui m'importait vraiment ici c'était l'ambiance, "la saveur" (si je puis dire) que je voulais donner au texte. J'espère que ça aura plu.
Je joins aussi une mini chronologie des événements (en tout cas, de ceux dont je me suis appuyé ici)
1 juillet 1764 – première victime, Jeanne Boulet déclarée
15 septembre 1764 – 8 avril 1765 – Duhamel et les dragons
31 décembre 1764 – appel à la prière de Monseigneur Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, evêque de Mende- « mandement de l’évêque de Mende », 40h de prières et de chants sur 3 dimanches consécutifs.
12 janvier 1765 – les sept enfants de Villaret. La Bête mise en échec par Jacques Portefaix et ses amis.
8 avril – 18 juillet 1765 – les normands Denneval
20 juin – 3 novembre 1765 – porte arquebuse « Monsieur Antoine » avec son fils, huit capitaines de la garde royale, six gardes-chasse, un domestique et deux valets de limiers
->fin septembre 1765 – la bête des Chazes. Abattue par M. Antoine au bois des Pommiers, près de Saint-Julien-des-Chazes.
Décembre 1765 – janvier 1766 – nouvelles attaques de la Bête.
->fixée dans la région des trois monts (mont Mouchet, mont Grand et mont Chauvet)
1766 – battues inefficaces, Bête moins entreprenante, plus prudente.
Pèlerinages à Notre-Dame de Baulieu et à Notre-Dame d’Estours.
17 juin 1767 – mort de Jeanne Bastide, 19 ans, au village de Lesbinières, paroisse de Desges (mont Mouchet)-> abattue le 19 par Jean Chastel (19 juin 1767)


